Les épreuves fonctionnelles permettent d’étudier les différents paramètres de l’audition. Elles aident le médecin à apprécier l’importance d’un déficit auditif, et à établir le diagnostic topographique de la cause de ce déficit.

 

Nous avons vu que le mode de transmission des sons par voie aérienne est le mode de transmission mis en jeu au cours de la vie de relations sociales. Il fait intervenir successivement :

L’oreille externe (pavillon et conduit auditif externe)
L’oreille moyenne (tympan et osselets) qui assure le passage de la vibration sonore de l’air vers le milieu liquide de l’oreille interne avec amplification de 40 dB
L’oreille interne qui transforme les vibrations en potentiels électriques
Le nerf auditif et la voie auditive centrale .

 

Mais un mode de transmission des sons par voie osseuse est utilisée dans un but diagnostic et met en jeu essentiellement l’oreille interne où la vibration sonore est transmise directement à travers l’os temporal vers la cochlée.

 

Ces épreuves fonctionnelles se répartissent en deux groupes distincts :

Les tests subjectifs permettant de mesurer l’audition,

Les tests objectifs qui ne demandent pas de participation active du sujet.

 

1.    Explorations fonctionnelles subjectives

 

Ces explorations nécessitent la participation volontaire du sujet, elles supposent donc la capacité de compréhension de la tâche demandée et la collaboration de bonne foi du sujet.

 

1.1. Acoumétrie

 

1.1.1.   Acoumétrie phonique

 

On fait répéter au sujet des syllabes chuchotées et on compte le pourcentage de bonnes réponses.

 

1.1.2.   Acoumétrie instrumentale

 

 

Elle fait appel à l’utilisation d’une série de diapasons calibrés en fréquence.

Les tests utilisent la stimulation en conduction aérienne ou en conduction osseuse, ou les deux successivement.

 

 

 

1.1.2.1.  Le test de WEBER

 

Un diapason en vibration est placé sur le front du sujet qui perçoit une vibration sonore.

 

Si le sujet présente une audition normale et symétrique, il perçoit la vibration au milieu du front, dans le crâne, on dit que "le Weber est indifférent". Car la conduction osseuse est symétrique.
Si le sujet présente une surdité de perception du côté droit, il perçoit la vibration sonore du côté gauche, on dit que "le Weber est latéralisé du côté sain". Car la conduction osseuse est privilégiée du côté sain.
Si le sujet présente une surdité de transmission du côté droit, il perçoit la vibration sonore du côté droit, on dit que "le Weber est latéralisé du côté malade". La conduction osseuse est privilégiée du côté malade, car l'atteinte de l' oreille moyenne protège l'oreille interne du bruit de fond de l'extérieur.
1.1.2.2.  L’épreuve de RINNE

 

Elle consiste à comparer la conduction aérienne (CA) et la conduction osseuse (CO).

 

 

Chez un sujet normal, lorsque l'on applique un diapason sur la mastoïde, il perçoit le son qui diminue ensuite avec la diminution de la vibration, jusqu'à disparaître (1) (c'est le seuil auditif en conduction osseuse). Si à ce moment on place le diapason devant le pavillon (2), le sujet entend de nouveau, car en conduction aérienne l'oreille moyenne amplifie le son de 40 dB.

La CA est supérieure à la CO . L'épreuve de RINNE est dite POSITIVE

 

 

Chez un sujet qui a une atteinte de l’oreille interne  (surdité de perception), lorsque l'on applique un diapason sur la mastoïde, il perçoit le son qui diminue ensuite avec la diminution de la vibration, jusqu'à disparaître (1) (c'est le seuil auditif en conduction osseuse). Si à ce moment on place le diapason devant le pavillon (2), le sujet entend de nouveau, car en conduction l'oreille moyenne amplifie le son de 40 dB.

La CA est supérieure à la CO .

L'épreuve de RINNE est dite POSITIVE

 

 

Chez un sujet qui a une atteinte de l’oreille moyenne (surdité de transmission) à droite, lorsque l'on applique un diapason sur la mastoïde, il perçoit le son qui diminue ensuite avec la diminution de la vibration, jusqu'à disparaître (1) (c'est le seuil auditif en conduction osseuse). Si à ce moment on place le diapason devant le pavillon (2), le sujet n'entend pas de nouveau, car en conduction aérienne l'oreille moyenne ne peut amplifier plus le son de 40 dB.

La CA n'est pas supérieure à la CO .

L'épreuve de RINNE est dite NÉGATIVE

 

 

 

Ceci représente la base du diagnostic topographique des surdités. Ces épreuves sont réalisées par l’ORL dans le cadre de l'examen avec des diapasons de fréquences graves qui sont les plus fiables.

 

1.2. L’Audiométrie

Permet par l’analyse de sons purs une étude plus précises de la tonie et de la sonie.

Ce test a lieu dans une cabine insonorisée avec le masquage d’une oreille.

 

1.2.1.   Audiométrie tonale

Elle consiste à étudier pour différentes fréquences, la plus faible intensité que le sujet est capable de détecter (seuil auditif).

Pour évaluer le niveau d’audition et localiser la source de la surdité, il est indispensable de comparer ce que le sujet entend avec deux modes de stimulations différentes.

La première est fournie par un casque placé au niveau des oreilles et étudie la conduction aérienne.

La seconde délivrée par un vibrateur posé derrière l’oreille testée, mesure la conduction osseuse.

Le résultat est exprimé en dB de pertes par rapport au seuil normal pour chaque fréquence.

On trace ainsi un audiogramme tonal liminaire.

 

Sujet normal, les courbes en CO et en CA sont accolées, entre 0 et 10 dB.

 

Surdité de perception droite (atteinte de l’oreille interne).

Les courbes en CO et en CA sont accolées, mais abaissées.

 

Surdité de transmission droite (atteinte de l’oreille moyenne).

 Les courbes en CO et en CA sont dissociées.

 

L’audiométrie tonale supraliminaire permet de mettre en évidence les distorsions des sensations sonores observées dans les lésions de l’oreille interne.

Elle consiste à rechercher le seuil douloureux : le sujet n’entend pas quand on parle à voix basse tandis qu’il se plaint que l’on crie trop fort quand on élève la voix. On l’appelle phénomène de recrutement. Il est capital de le rechercher aux différentes fréquences pour les réglages des prothèses auditives.

 

1.2.2.   Audiométrie vocale

Elle place l’exploration de la voie auditive dans des conditions de fonctionnement social. Le trouble auditif relaté par le patient n’est en effet pas toujours concordant avec le résultat de l’audiométrie tonale. Celle-ci teste des sons purs, alors que nous communiquons avec des mots.

L’audiométrie vocale teste l’intelligibilité de la parole.

En pratique on utilise des listes de mots qui ne prêtent à aucune équivoque fâcheuse avec un autre mot, qui sont de prononciation fixe et qui sont du vocabulaire courant.

 

Liste de mots dissyllabiques

a) le








bouchon
souper
rondin
grumeau
rebut
glaçon
réchaud
coffret
gamin
clavier

le








râteau
donjon
sergent
crémier
niveau
refrain
veston
forban
bûcher
cachet

le








souci
tripot
balai
vallon
saindoux
brigand
rouleau
défi
bambin
secret

le








congé
mouton
roseau
frelon
lapin
traité
caillot
radis
bâton
ruban

le








grillon
terrain
soulier
gazon
faisceau
billet
rabais
plateau
cordon
ticket

 

b) le








pigeon
carnet
noyau
jardin
portrait
blason
salut
délai
sabot
jumeau

le








repas
complot
savon
curé
sanglot
poulet
chaînon
sachet
remous
coquin

le








dentier
boulon
hameau
conflit
bonnet
fusil
rayon
bandeau
relais
canon

le








nougat
devis
baquet
débris
guichet
bijou
cahier
goujon
dessin
coteau

le








poussin
chevreau
forfait
mari
bosquet
garçon
sifflet
boîtier
cabot
taudis

 

c) le








parfum
cachet
ravin
dragon
lilas
récit
couvent
galon
courrier
crapaud

le








rideau
tampon
boudin
vacher
débit
marteau
cadran
requin
goudron
clocher

le








turbot
hoquet
plastron
raisin
croyant
fourré
taquin
morceau
normand
poisson

le








cheveu
citron
rocher
caveau
soldat
muguet
bouton
verrier
fourneau
bassin

le








carton
pruneau
regret
dément
répit
colon
respect
bilan
dépôt
rachat

 

On travaille en conduction aérienne au casque ou en champ libre, sans ou avec lecture labiale.

Le pourcentage de mots reconnus est noté en fonction de l’intensité à laquelle il est délivré.

 

 

 

 

2.    Explorations fonctionnelles objectives

 

Elles ne demandent pas de participation active du sujet.

Ces tests permettent d’étudier le fonctionnement du système auditif dans ses principaux segments.

Ils sont donc très utiles pour localiser le trouble et en déterminer la nature.

Il s’agit d’examens électrophysiologiques:

l’impédancemétrie

les oto-émissions acoustiques provoquées

les potentiels évoqués auditifs.

 

2.1. L’impédancemétrie

 

Cet examen objectif se fait à l’aide d’un embout placé dans le conduit auditif externe (CAE) relié à un manomètre et à un générateur de fréquences.

Il est destiné à étudier la souplesse du système tympan-osselet.

 

Il s’agit de tracer le graphique (Tympanogramme) des variations de la compliance (inverse de l’impédance) en fonction des variations de la pression aérienne exercée dans le CAE.

 

La compliance reflète les modifications de l’élasticité du système tympano-ossiculaire.

La compliance augmente quand la rigidité diminue et inversement.

 

 

 

Tympanogramme Normal

A 0 mm H2O, le tympan est souple, la compliance est maximum et inversement, à -400 ou + 200, le tympan est rigide et la compliance est minimum.

 

 

L’impédancemétrie sert à déterminer le type de surdité.

 

La courbe de tympanométrie est normale pour une surdité de perception (trouble de l’oreille interne) mais modifiée pour une surdité de transmission (trouble de l’oreille moyenne).

 

 

 

2.2. Les oto-émissions acoustiques provoquées

 

C’est un test simple et rapide qui repose sur la faculté qu’ont les CCE de se contracter, et d’émettre un son à une réponse à une stimulation sonore délivrée dans le CAE par une petite sonde. Cette onde sonore générée par les CCE est recueillie dans le CAE par la même sonde.

 

La présence d’oto-émissions acoustiques provoquées témoigne du fonctionnement normal de l’oreille moyenne et de la cochlée.

 

 

Il suffit d’une perte auditive supérieure à 25dB pour que les oto-émissions soient absentes.

Cet examen représente donc un moyen capable de détecter précocement les enfants qui nécessitent des explorations plus approfondies.

 

 

2.3. Les potentiels évoqués auditifs (PEA)

 

Ils reflètent à distance le cheminement de l’influx nerveux le long des voies auditives.

Avec un audiomètre, on stimule la voie auditive et on recueille les potentiels électriques grâce à des électrodes placées sur le cuir chevelu.

 

Deux types d’informations sont fournis :

·          Le seuil électrophysiologique c’est à dire la plus faible intensité à laquelle une réponse peut être enregistrée

·          La vitesse de l’influx nerveux le long de la voie auditive.

 

Le tracé obtenu comporte 5 ondes, correspondants aux 5 relais anatomiques de ces voies auditives.

 

 

Cet examen est très utilisé chez le très jeune enfant pour le diagnostic du niveau auditif.

 

 

 

 CONCLUSION :

 

Le but de ces explorations est donc  triple :

·          Évaluer le niveau d’ audition

·          Localiser la lésion

Trouver la cause en s’aidant aussi de l’interrogatoire, de l’examen ORL  voire d’autres examens radiologiques.

Haut de Page        Suite